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VIH/ SIDA en milieu de travail : le coût exhorbitant d’une pandémie

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Notre Voie (Abidjan) ACTUALITÉS 18 Avril 2005 Publié sur le web le 18 Avril 2005

By Cendres Glazai

L’épidémie du sida   progresse de façon vertigineuse dans les pays pauvres. Le virus touche principalement les moins de 40 ans. Une population jeune et active pour qui le lieu du travail, aux yeux du Conseil national du patronat ivoirien (CNPI), est un cadre de sensibilisation prioritaire pour freiner la grave menace qui pèse sur le développement économique du pays.

Le Conseil national du patronat ivoirien (CNPI), à travers son président Jean Kacou Diagou, a appelé, récemment, les chefs d’entreprises à s’engager résolument dans la lutte contre le VIH  /sida   dans leurs différentes sociétés. Il sait, sauf progrès foudroyant de la recherche ou miracle, que vingt millions d’enfants africains auront perdu d’ici fin 2005, au moins un parent, emporté par le sida  . Dans le monde, chaque jour, 16 000 personnes sont infectées par le VIH  /sida   et environ 36,5 millions de personnes en âge de travailler sont frappées par le fléau du siècle. "Le sida   touche notre économie puisqu’il touche à ce qu’il y a d’essentiel dans l’entreprise c’est-à-dire le capital humain, frappe le segment le plus productif de la main- d’oeuvre, réduit ses gains, accroît considérablement les dépenses des entreprises parce qu’il augmente les coûts du travail, induit une perte de compétence d’expérience".

Le ministre de la Fonction publique et de l’Emploi, professeur Hubert Oulaye, auteur de ce plaidoyer, a indiqué qu’il suffit de transposer les chiffres avancés en Côte d’Ivoire avec 10% de sa population infectées, pour voir l’impact du sida   dans le monde du travail. Il en résulte, selon le patron des patrons, que le fléau touche profondément la société toute entière, à tous les niveaux, de l’individu à la famille, en passant par l’économie nationale.

Actuellement, la plupart des personnes infectées ou susceptibles de l’être sont des adultes en âge d’activités sexuelles et au plus fort de leur vie active. Une partie non négligeable de cette population est employée dans de grandes entreprises privées ou dans le secteur public. Tout comme la majorité des travailleurs dans le secteur dit informel, petites exploitations agricoles familiales, petits commerces et commerce ambulant etc. Beaucoup de femmes qui y exercent sont des mères au foyer qui en tirent leurs revenus. Chaque fois que le sida   tue l’un de ces acteurs économiques, cela entraîne la perte d’environ 15 à 20 ans d’expérience professionnelle, de compétence, d’investissement au plan de l’éducation et de la formation, ainsi que les 3/4 des revenus d’une vie active.

La surmortalité due au sida   a des conséquences énormes sur l’économie du pays en terme de production des biens destinés à la consommation et en terme d’exportation. Le sida  , en outre, entraîne l’aggravation de la perte des journées de travail consécutives aux demandes de congés-maladies pour les travailleurs infectés, des congés supplémentaires accordés à des employés pour prendre soin des membres de leur entourage familial frappés par la maladie. Quelquefois, c’est pour assister aux funérailles des parents morts du sida  .

Des avantages sociaux tels que l’assurance risquent d’être remis en cause par l’accroissement de la demande consécutive aux maladies liées au sida  . Ce fléau a également un impact négatif sur le milieu professionnel dans la mesure où le décès d’un employé porte un coup certain au moral de ses collègues ; on enregistre alors une baisse de la productivité. Par ailleurs, les maladies liées au VIH  /sida   ont une double conséquence sur les familles. D’une part, elles provoquent une baisse de revenus et, d’autre part, elles occasionnent des dépenses pour la prise en charge des malades.

Le VIH  /sida   absorbe, dit-on, plus de 10% du budget de la santé publique lui-même fixé à 9% du budget national. Autre conséquence, une seule cérémonie funéraire peut engloutir toutes les économies d’une famille. Chacun sait qu’en Côte d’Ivoire, le prix d’un cercueil modeste équivaut à trois ou quatre mois de salaire d’un ouvrier non qualifié. Les familles doivent en plus supporter les dépenses liées à la prise en charge des orphelins, des proches parents. Encore faut-il qu’elles aient les moyens de le faire. Face aux pesanteurs économiques, la famille élargie confrontée elle-même aujourd’hui à la pauvreté, se trouve à l’étroit. Ainsi, quand le père meurt, il arrive que personne ne s’occupe des enfants. A la souffrance morale, s’ajoutent pour eux, la faim et la misère.

Les pressions économiques et sociales associées au VIH  /sida   montrent bien que l’on se retrouve devant un grave problème politico-économique, culturel et social. La situation pourrait fort bien mettre à mal les valeurs fondamentales de la société africaine. Et toute tentative pour y faire face constitue un défi. Pourtant, selon le président du patronat ivoirien, il faut oser, même si les bonnes nouvelles sur le front de la lutte contre le sida   ne concernent que les pays riches. En attendant, le Conseil national du patronat ivoirien (CNPI) s’attelle, dans les entreprises, à encourager la prévention parce qu’elle ne demande pas de gros investissements. Juste une conscientisation de tous. Un travail de fourmi est entrepris depuis 1988 et qui a reçu le soutien actif des sociétés. Pratiquement tous les milieux de travail, de la petite coopérative aux grosses compagnies nationales, sont invités à s’investir. malgré le peu de moyens (par rapport à l’ampleur du problème), le travail sur l’information, l’éducation et la communication pour un changement de comportement était et reste très élaboré.

La prise de conscience des employeurs du phénomène, avoue l’orateur, pourrait survenir plus vite que prévu, simplement parce que les conséquences économiques du sida   commencent à se faire sentir.


Publié sur OSI Bouaké le lundi 18 avril 2005

 

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