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Trop d’enfants délaissés, trop peu d’adoptés...

L’adoption d’enfants français en France est en crise. Des professionnels s’insurgent contre une organisation défaillante. Cela fait vingt ans que des rapports le disent. En vain.


Ouest France - Vendredi 04 octobre 2013 - Bernard Le Solleu -

Révoltée. Des enfants oubliés, non proposés à l’adoption, Sandrine Dekens, psychologue clinicienne, en connaît beaucoup. Placés à l’aide sociale, totalement délaissés par leurs parents biologiques, ils grandissent oubliés, ballottés de foyers en institutions, « sans projets de vie ». Sandrine Dekens est en charge de l’association Enfants en recherche de famille. Avec cinq autres professionnels, elle vient de lancer un appel aux pouvoirs publics pour qu’enfin l’adoption nationale se réorganise.

Récits. À l’appui de ce plaidoyer, des récits de vie. Paul, Juliette, Marie, Sony, Ophélie... Le petit Paul par exemple, né en 2007, abandonné en 2008. « Grossesse non désirée. » Puis, sous la pression de sa famille, la mère se rétracte. 2012 : elle redemande le placement de l’enfant. « Paul sera plus heureux sans moi. » Le voici placé en maison d’enfants. Aucune visite. À 5 ans, il présente, disent les éducateurs, « une forte insécurité affective ». Mais il reste dans cette maison d’enfants. En attendant quoi ? L’improbable retour d’une mère ?

Blocage. Pour que des enfants comme Paul soient adoptables, un constat de délaissement doit être dressé, et le statut de pupilles de l’État leur être accordé. « La loi, commente Sandrine Dekens, offre des possibilités d’action. Mais elle n’est pas ou trop peu appliquée. » Pourquoi ? « Parce que dans l’aide à l’enfance, comme chez les juges, on privilégie toujours les liens du sang. On est très imprégné en France de cette idée que le lien biologique est malgré tout le plus protecteur. Nous, nous disons qu’il y a des liens parents enfants qui sont toxiques. »

Protection. Un rapport officiel de la direction de la cohésion sociale conclut lui aussi que l’adoption nationale doit être repensée et réorganisée. On manque d’une instance nationale. « Actuellement, déplore Sandrine Dekens, le délaissement parental dont sont victimes des centaines d’enfants est redoublé par un délaissement institutionnel. C’est cela que nous dénonçons. » L’intérêt de ces enfants, dit-elle, est qu’ils puissent enfin accéder à des familles adoptantes, et sortir des « voies sans issue ».


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Publié sur OSI Bouaké le vendredi 4 octobre 2013

 

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Trop d’enfants délaissés, trop peu d’adoptés...
4 octobre 2013, par osi.bouake   [retour au début des forums]

Grand merci à Bernard Le Solleu et à Ouest France de son intérêt pour les enfants pupilles...

Trop d’enfants délaissés, trop peu d’adoptés...
4 octobre 2013, par Brigitte   [retour au début des forums]

J’espère que votre appel va être enfin entendu. Les enfants ont besoin de liens affectifs pour se construire. Et si la famille biologique ne peut pas pourvoir à ceux-ci, donnons une chance à ces enfants de pourvoir grandir avec de l’amour et des repères. Des enfants heureux font des adultes heureux et responsables.

Trop d’enfants délaissés, trop peu d’adoptés...
4 octobre 2013, par Charpfrefra   [retour au début des forums]

Merci à Ouest France de rappeler cet épouvantable incapacité des lois françaises à obtenir un compromis humain à ce drame.

Il apparaît que la famille qui fait l’acte d’abandon est protégée au dépend de l’enfant et des couples en recherche d’adoption.

Il serait temps que ce sujet de société soit mis sur la place publique pour y trouver une solution digne.

Voilà un vrai sujet pour les médias qui saurait mobiliser l’intéret des français et qui en est resté aux lois Napoléoniennes !

Prêt à signer une pétition pour une révision des lois de l’adoption !

Trop d’enfants délaissés, trop peu d’adoptés...
21 octobre 2013   [retour au début des forums]

On ne peut que se réjouir du recul de l’adoption internationale et on ne peut que regretter, en France, les encouragements financiers qui favorisent la naissance, le délaissement ou le maintient dans la famille dans des conditions épouvantables d’enfants qui seraient moins mal dans des familles adoptives.