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Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après

Photographies d’ Elisabeth Blanchet à voir à la galerie rue de l’exposition, jusqu’au 31 Mai 2012


Sophot - 4 décembre 2009

Entre 1993 et 2000, je me suis rendue de nombreuses fois en Roumanie dans un contexte humanitaire. J’étais bénévole pour une association que des amis et moi avions créée, Action Orphelins. J’ai tissé des liens très serrés avec les enfants de la “casa de copii” du village de Popricani. Je les ai pris en photo et j’ai aussi documenté leur vie et leur environnement quotidiens au cours de nombreux voyages.

L’orphelinat de Popricani a fermé en 2002. La même année, je suis devenue photographe professionnelle.

En décembre 2006, je suis retournée en Roumanie pour retrouver les anciens de l’orphelinat de Popricani. Je souhaitais approfondir mon travail documentaire entamé avec ces enfants au début des années 1990. Quelques uns des enfants que j’avais connus habitaient toujours le village. Je les ai revus. Ils ont commencé à me raconter leurs histoires.

J’ai poursuivi ce travail au long cours à l’automne 2008, en me rendant au mariage de Radu, ancien pensionnaire de l’orphelinat. J’ai photographié l’événement. Grâce à Dan Palimaru, un ancien éducateur de la casa de copii, j’en ai retrouvé d’autres : Liliana, 24 ans, mariée avec un agriculteur du village et déjà mère de deux garçons ; Ramona, 23 ans, boulangère dans un village proche de Iasi ; Daniel, 24 ans, qui - ironie du sort - est devenu l’homme à tout faire de l’ex-orphelinat transformé en maison pour handicapés ; Adriana, 23 ans, mère célibataire sans abri qui survit grâce à la mendicité. Et d’autres encore.

L’année 2009 est marquée par le vingtième anniversaire de la chute de Ceaucescu et par les 20 ans de la signature de la Convention des Droits de l’Enfant. C’était aussi il y a 20 ans que l’Occident découvrait la réalité des orphelinats roumains de l’époque. Plus de 100 000 enfants dont personne ne voulait, maltraités, entassés dans des institutions cachées dans tout le pays. Liliana, Ramona, Daniel, Radu, Adriana, Carmen faisaient partie de cette génération d’enfants sacrifiés à la mégalomanie du dictateur et de sa politique ultra-nataliste.

Avec le journaliste Guy-Pierre Chomette, nous sommes retournés en Roumanie pendant l’été 2009 pour poursuivre le travail de rencontres avec les anciens de Popricani. Guy-Pierre connaît bien les lieux pour avoir également travaillé dans l’orphelinat avec Action Orphelins il y a 15 ans. Voici, sous forme de diptyques, vingt portraits d’anciens de la casa de copii de Popricani. Les images en noir et blanc datent du début des années 1990 tandis que les couleurs sont des photographies récentes d’eux, dans leur vie d’aujourd’hui.

Elisabeth Blanchet et Guy-Pierre Chomette


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Daniel
1995. Daniel dans la cour de l’orphelinat de Popricani. 2008. Dans la chambre qu’il loue dans une maison du village. A 26 ans, il est devenu l’homme à tout faire de l’ancien orphelinat qui est aujourd’hui un centre pour Handicapés.
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Daniela
1997. Daniela, soeur jumelle de Daniel, en avec une amie à l’orphelinat de Popricani. 2008. Dans la chambre d’un immeuble de Iasi qu’elle partage avec trois anciennes de l’orphelinat. Daniela a 26 ans et travaille comme couturière dans une entreprise de vêtements de Iasi.
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Catalin
1995. Catalin en à l’âge de12 ans. 2008. Dans la pièce qu’il loue dans une banlieue industrielle de Iasi. Catalin est ouvrier et travaille dans la construction. Il vit avec son frère dans un bâtiment qui était auparavant une porcherie.
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Felicia
Photo 05 – Felicia 1995. Felicia en à l’âge de 13 ans, à gauche sur la photo. 2008. Chez Dan, son ancien éducateur. Elle vit à Popricani avec Florin, lui aussi un ancien de l’orphelinat. Ils viennent d’avoir un bébé.
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Diamanta
1995. Diamanta à 13 ans en dans la cour de l’orphelinat 2008. Dans la minuscule pièce qu’elle squatte à Iasi avec deux autres anciennes de la casa de copii. Diamanta vient d’avoir un bébé. Elle survit grâce à la mendicité.
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Adriana
1995. Adriana à 12 ans en dans la cour de l’orphelinat. 2008. Dans la minuscule pièce qu’elle squatte à Iasi avec deux autres anciennes de la casa de copii, dont Diamanta. Adriana tient dans ses bras son petit garçon d’un an, Ionut. Il a été diagnostiqué autiste. Adriana a aussi deux petites filles, placées dans une famille d’accueil. Adriana survit grâce à la mendicité.
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Gabriela
1995. Gabriela, à 12 ans. 2008. A Iasi dans la chambre qu’elle partage avec trois anciennes de l’orphelinat de Popricani, dont Daniela. Gabriela travaille aussi comme couturière dans une fabrique de vêtements à Iasi. Elle vient aussi d’être maman.
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Daniel
1995. Daniel, à 13 ans en dans la cour de l’orphelinat. 2008. Dans le squat où il vit avec Adriana, Diamanta et d’autres anciens de différents orphelinats. Daniel est le père du petit Ionut, et vit aussi de mendicité.
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Mihai
1995. Mihai, 12 ans, dans le réfectoire de l’orphelinat. 2009. Dans sa chambre d’un appartement de Popricani qu’il partage avec deux autres anciens de l’orphelinat. Mihai travaille comme manutentionnaire dans une grand magasin de Iasi. Il a réussi à économiser et à acheter un petit terrain à Popricani où il construit petit à petit sa maison.
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Anisoara
1997. Anisoara à 13 ans à l’orphelinat. 2009 Á son retour de Suisse où elle travaille comme « nanny » dans une famille de Kosovars. Anisoara n’est pas rentrée depuis un an et retrouve son petit ami, Marian, qui est aussi un ancien de Popricani.
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Marian
1997. Marian à 15 ans, assis sur son lit dans son dortoir de l’orphelinat de Popricani. 2009. Sur le balcon de l’appartement qu’il partage avec deux autres anciens de l’orphelinat dont Mihai. Il travaille comme technicien de surface dans un grand magasin de Iasi. Il vient de retrouver sa petite amie, Anisoara, qui est de retour au pays après un an en Suisse.
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Carmen
1995. Carmen, à l’âge de 10 ans. Carmen est décédée l’année d’après, en novembre. Elle avait mal à la gorge et une mauvaise toux. L’assistant social de l’orphelinat l’a envoyée à l’hôpital. Elle n’est jamais revenue. Elle est morte de négligence médicale. 2008 : Dan, son ancien éducateur, vient se recueillir sur sa tombe.
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Radu
1993. Radu à la Casa de copii avec un ami, quand il avait 15 ans. 2007, Près de Saint-Andrews en Ecosse. Il est venu passer trois mois pour la cueillette des fraises et des brocolis. Radu s’est marié en octobre 2008 à Botosani en Roumanie. Il vient de terminer ses études de vétérinaire. C’est un peu le grand frère et l’exemple de tous les autres...

DG - OSI Bouaké - ce remarquable travail que nous avons salué des 2009 est visible jusqu’au 31 mai 2012 à Paris - Galerie Rue de l’exposition - 1 rue de l’exposition - 75007 Paris


VOIR EN LIGNE : Sophot
Publié sur OSI Bouaké le dimanche 11 mars 2012

 

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Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après
4 décembre 2009, par didier   [retour au début des forums]

Un grand merci à Sophot de nous faire découvrir régulièrement des travaux d’une telle qualité... L’espace de visibilité de la photographie "sociale" est vraiment réduit, et j’ai souvent l’impression que Sophot est le fil ténu qui lie encore la photographie à l’espace social... merci à eux...et merci à OSI.Bouaké d’ouvrir ses colonnes à de tels reportages !

Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après
4 décembre 2009, par Sand   [retour au début des forums]

Tu as vu comme c’est beau ce travail ? Pour moi, un tel reportage n’est pas possible si tu n’es "que photographe", mais il naît à l’articulation de l’engagement social de terrain (qui seul permet de tisser des liens affectifs durables avec les enfants) et de la photographie comme outil... Toute la spécificité de la photographie sociale. Au fait, pourquoi tu dis qu’elle est en voie de disparition ? Je n’avais pas cette impression (de loin, car jnsp spécialiste). Explique.

Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après
4 décembre 2009, par didier   [retour au début des forums]

C’est vrai que de telles photos ne peuvent être obtenues que d’un photographe "engagé",dans une immersion complète, inscrite dans la durée. Après est t’on plutôt un travailleur social "photographe" ou un photographe "engagé dans le social" ?

Quand je parle de disparition c’est qu’à part sur le net, les occasions de voir de tels travaux sont rares...et que les organismes qui permettent à de tels photographes, de travailler sont de moins en moins nombreux...certes il reste les ONG (MDM,MSF   en tête) mais par exemple, la branche sociologie du CNRS a recemment supprimé son poste de "Photographe Social", et même dans les branches scientifiques ce sont bien souvent les ingenieurs qui sont appelés à faire des photos... Il est loin le temps où la régie Renault commandait un travail à 10 photographes (dont Ronis), en leur laissant libre accès à ses ateliers...

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4 décembre 2009, par Sand   [retour au début des forums]

Merci pour ces explications. Je n’étais pas au courant car j’ai essentiellement accès à cette photo par la toile... d’où mon ignorance.

Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après
29 décembre 2009, par Sand   [retour au début des forums]

Elisabeth Blanchet signe aujourd’hui un article avec d’autres parcours d’enfants et d’autres photos, sur Rue 89. Elle y signale également son site sur lequel on peut acheter le livre montrant l’intégralité de son reportage.

Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après
7 novembre 2010   [retour au début des forums]

Bravo pour cet excellente idée. J’ai créé moi aussi il y a 20 ans une association pour les enfants de Roumanie, qui s’appelle SERA. Je serais heureux d’entrer en contact avec vous . S’il vous plait, envoyez moi un email pour me dire à quel numéro de téléphone je pourrais vous joindre . Mon nom est François de Combret et mon adresse est combret freesurf.fr Encore bravo . Bien amicalement.

Les orphelins de Ceaucescu, 20 ans après
9 novembre 2010, par Sand   [retour au début des forums]

Votre message semble s’adresser à Elisabeth Blanchet que vous devriez pouvoir contacter par l’intermédiaire de son site (http://elisabethblanchet.photoshelt...). Nous ne faisons que montrer son travail mais ne la connaissons pas. Merci pour votre intérêt.