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Les Nations unies alertent sur le sort des Roms en France


OSI Bouaké - 29 août 2012 - SD -

Devant les faits très graves qui se déroulent actuellement en France, expulsions collectives de familles, atteintes aux droits de l’homme, à la convention internationale des droits de l’enfant et discriminations multiples contre une minorité stigmatisée ;

Un grand nombre d’enfants se retrouvant dans les rues des grandes villes ;

Nous faisons le choix de publier les informations rappelant les positions des instances internationales observant et dénonçant ces atteintes.

Aujourd’hui, les Nations unies.

Les Nations unies alertent sur le sort des Roms en France

Le Monde.fr avec AFP | 29.08.2012 -

Des experts des Nations unies ont appelé, mercredi 29 août, le gouvernement français à s’assurer que le démantèlement des camps de Roms respecte les normes européennes et internationales des droits de l’homme relatives à la non-discrimination.

"Les expulsions continuent et menacent de mettre des familles dans des situations de grande vulnérabilité", ont condamné les rapporteurs spéciaux sur les minorités, les migrants, le logement et le racisme.

"MINORITÉ LA PLUS MARGINALISÉE D’EUROPE"

"Les évacuations forcées ne sont pas une réponse appropriée, des solutions alternatives conformes aux standards de droits de l’homme doivent être recherchées, a déclaré Raquel Rolnik, rapporteure spéciale sur le droit au logement. Des mesures contraignantes de protection, y compris la mise à disposition d’alternatives pour se loger décemment, doivent être mises en place."

"Ces informations sont préoccupantes, en particulier parce que ce n’est pas la première fois que les Roms sont collectivement expulsés de France, s’est émue Rita Izsák, experte indépendante sur les minorités. Les Roms sont des citoyens de l’Union européenne, et la minorité la plus marginalisée d’Europe. De façon regrettable, ces actes démontrent que les Roms ne jouissent pas toujours des mêmes libertés de circulation et d’établissement et continuent de subir des traitements discriminatoires."

LES EXPULSIONS COLLECTIVES INTERDITES EN DROIT INTERNATIONAL

Le rapporteur spécial sur les droits des migrants, François Crépeau, s’est indigné que "l’objectif ultime semble être l’expulsion des communautés migrantes roms de France". Il a relevé que "les expulsions collectives sont interdites en droit international, et que les rapatriements doivent être volontaires, en conformité avec le droit international, et basés sur des évaluations individuelles et une surveillance indépendante".

Constat similaire pour le rapporteur spécial sur le racisme, Mutuma Ruteere, pour qui "ces évacuations et expulsions alimentent inévitablement le climat d’hostilité – déjà préoccupant – à l’égard des Roms en France".

En août, plusieurs évacuations ont eu lieu en France, notamment dans les villes de Lille, Lyon, Paris, Evry et Stains, où deux campements ont été évacués mercredi matin. Les experts des Nations unies ont rappelé que des actions similaires avaient été entreprises en août 2010, et avaient soulevé des critiques généralisées aux niveaux international et européen.

Pour aller plus loin :

(c) Photos de vignette AFP : Kenzo Tribouillard et Jeff Pachoud


VOIR EN LIGNE : Le Monde
Publié sur OSI Bouaké le jeudi 30 août 2012

 

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Entre les deux événements, nous retrouvons Monseigneur Gaillot, qui est toujours là 16 ans plus tard.

Alors que la foule était descendue manifester le jour-même après l’évacuation de Saint-Bernard, suis-je la seule à faire ce parallèle qui saute pourtant aux yeux ? Mais quel est donc ce silence ?

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Papier de MDM dans Libération.

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Par Pierre Micheletti Enseignant à l’IEP de Grenoble, ancien président de Médecins du monde et Thierry Brigaud Président de Médecins du monde

Mercredi 22 août, 10 heures. Une équipe de Médecins du monde (MDM) est à la préfecture du Rhône, conviée à une réunion de concertation. Autour de la table, les autorités préfectorales, des représentants des collectivités locales, des responsables d’associations impliquées dans l’aide aux populations roms. Les mots d’ordre de nos hôtes sont concertation, stratégies pour améliorer les campements et éviter les expulsions.

Jeudi 23 août, 18 heures. Nous recevons un appel téléphonique de la préfecture. Il nous est réaffirmé que les expulsions ne sont pas à l’ordre du jour. Au contraire, MDM est sollicité pour évaluer la situation sanitaire d’un camp, et proposer des mesures d’amélioration des conditions de vie.

Lundi 27 août, 8 heures. Une équipe MDM se rend sur place et commence à rédiger un diagnostic de situation.

Mardi 28 août, 7 h 30. Irruption des forces de l’ordre et expulsion de 180 personnes. Lyon, campement Paul-Bert, comme en 2010 ? Non, Lyon, campement de Saint-Priest, en 2012.

A Lyon, pour les Roms, c’est le « changement dans la continuité ». Malgré les alternances politiques, ils sont toujours sur la route et dans les cloaques où on les cantonne, avant de les en chasser… pour les protéger de l’insalubrité. CQFD. Summum de la tautologie politique. Tour de passe-passe du préfet ? Concertation à visée anesthésiante des associations pendant que se préparent les expulsions ? Non, car selon nos informations, « les ordres sont venus d’en haut ». A la fois symptôme de faiblesse et signe d’opportunisme politique. Symptôme de faiblesse, car de qui parle-t-on ? D’environ 15 000 personnes en France, soit 0,023% de la population, qui séjournent sur le territoire national ! La France, parmi les premières économies mondiales, n’arrive pas à gérer de façon apaisée le sort de cette minorité infinitésimale ? Opportunisme politique, car on place les autorités régionales devant une injonction paradoxale. Réunir les acteurs, créer les conditions d’une réflexion partagée sur la sécurité et la dignité des personnes dans les campements. Et, en même temps, on utilise cette « poussière de peuple » (0,023%) pour afficher, à peu de frais et sans grand risque politique, une préoccupation sécuritaire cosmétique, qu’on croyait révolue.

Il ne faut pas le nier, il existe une perception négative des Roms dans une large part de l’opinion publique. C’est pourquoi le discours de M. Sarkozy à Grenoble était indigne de la fonction. Il résumait le comportement d’un peuple à des conduites délictueuses, en occultant qu’on le met en situation de développer des stratégies de survie, parfois illégales. On nous vend la nécessité de gérer le « temps long », pour traiter, sur le fond, les questions qui concernent les migrants économiques européens que sont les Roms. Mais on continue à rechercher les dividendes du « temps court », celui qui accompagne les expulsions avec leurs cortèges d’hommes en uniforme et de bulldozers. La stratégie est devenue plus torpide, le discours plus subtil, mais, sur le fond, l’intention politique est la même que celle du gouvernement précédent : utiliser la symbolique de la fermeté à l’égard de quelques centaines de personnes, considérées comme des Européens de seconde zone, pour montrer ses biceps. C’est à se demander si le meilleur service à rendre aux Roms ne serait pas de taire les expulsions, pour rompre le cercle, pas du tout vertueux, expulsions-médiatisation-bénéfice politique !