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« Le prix du silence, c’est la mort »

les progrès scientifiques, les rapports d’expertise dans la lutte contre le VIH/SIDA restent inapplicables sans volonté, sans leadership politique...


Les ravages du VIH   en Afrique auraient pu être évités. Les milliers de morts aussi. Pour ne pas répéter les mêmes erreurs, il faut un plus grand leadership, surtout un leadership politique.

C’est le message lancé par plusieurs experts hier, dans le cadre de la XVIe Conférence internationale sur le sida  . Pendant les six jours qu’aura duré cet événement d’envergure, 50 000 personnes dans le monde seront mortes du sida  . Plus de 80 000 autres auront été infectées par le VIH  , a souligné l’organisme OXFAM.

« Le prix du silence, c’est la mort », a lancé Mark Heywood, chercheur en Afrique du Sud, à la tête d’un organise défendant les droits des personnes vivant avec le VIH  . Il était l’invité d’une plénière sur le prix de l’inaction dans la lutte contre le sida  .

« Ce qui ressort de cette conférence, c’est le manque de leadership politique. Sans ça, il n’est pas possible d’utiliser les découvertes scientifiques », a lancé M. Heywood. Il a invité chaque travailleur de la santé, chaque scientifique à devenir un militant pour lutter contre l’épidémie.

L’Afrique du Sud compte 5,5 millions de personnes séropositives. Quelque 800 personnes meurent chaque jour de la maladie. Pourtant, le gouvernement tarde à agir, critique le chercheur.

L’Afrique du Sud est dirigée par le président Thabo Mbeki. Celui-là même qui en 2000, alors que son pays était l’hôte de la conférence internationale sur le sida  , avait mis en doute l’origine virale du VIH  . Le président avait alors soulevé l’ire de la communauté scientifique.

L’Afrique est profondément affectée par l’épidémie. Mais la maladie est en train de dévaster d’autres régions, a rappelé M. Heywood. En Chine, les données officielles révèlent que 650 000 personnes sont atteintes du VIH  . Les prévisions démontrent que si rien n’est fait, la Chine pourrait compter 10 millions de séropositifs d’ici cinq ans.

Dans les écoles, les hôpitaux, les églises, chacun a un rôle à jouer, a ajouté Musimbi Kanyoro. Originaire du Kenya, elle est la secrétaire générale du YMCA au niveau international. Dans 25 ans, en 2031, personne de moins de 50 ans n’aura le souvenir d’un monde sans sida  . Les années futures dépendent de l’action d’aujourd’hui, a-t-elle rappelé.

« Si, dans 25 ans, il y a encore de nouvelles personnes infectées par le VIH  , c’est parce que nous aurons omis d’appliquer les connaissances que nous avons aujourd’hui. »

Certains participants ont par ailleurs dénoncé les présences de l’ancien président américain Bill Clinton, du milliardaire Bill Gates et de l’acteur Richard Gere. Leur participation détourne la conférence de son objectif scientifique, disent-ils.

Au contraire, a rétorqué Mark Wainberg, coprésident de la conférence et directeur du Centre sida   au CUSM. « Personne n’est obligé d’assister à ces événements à caractère social, mais la réalité est que les gens y vont. Ces personnalités contribuent à diffuser plus largement les messages de prévention et de sensibilisation dans la lutte contre le sida  . »

Pascale Breton - La Presse - Toronto


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Publié sur OSI Bouaké le mardi 22 août 2006

 

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> « Le prix du silence, c’est la mort »

en exergue, je citerais la phrase d’Antony Fauci, directeur du NIAD, lors de la conférence de Toronto : "L’Histoire nous jugera non pas à cause de nos progrès scientifiques, mais à cause de ce que nous faisons avec nos progrès scientifiques"