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Lassés, ils échangent sur Internet leur enfant adopté

"The Child Exchange", le reportage interactif de Reuters.


BigBrowser - 10 septembre2013 -

C’est sur une pratique incroyable qu’a enquêté pendant dix-huit mois la journaliste d’investigation Megan Twohey, de l’agence de presse Reuters : le "child exchange". Dans un reportage interactif en cinq parties dévoilé progressivement du 9 au 11 septembre, la journaliste met au jour un réseau de groupes Facebook et Yahoo ! permettant aux parents américains lassés des enfants qu’ils ont adoptés de les donner à d’autres familles, en dehors de toute légalité.

Le nom de cette pratique, le "private re-homing" (changement de foyer privé), est directement inspiré du marché des animaux de compagnie. Mais justifier un "don" humain par un honnête "nous détestons cet enfant de 11 ans originaire du Guatemala" ou par les troubles du comportement dont est victime une adolescente libérienne de 16 ans semble nettement plus contestable.

D’autant qu’en l’absence de toute régulation, le scandale peut rapidement se transformer en cauchemar. C’est le cas de la Libérienne Quita, dont Megan Twohey rapporte l’histoire. Le couple Puchalla, qui l’avait adoptée, lui a trouvé de nouveaux parents en deux jours sur Internet quand il a décidé de s’en "séparer". Sauf que les Eason, à qui ils l’ont confiée sans autre formalité qu’un acte notarial leur déléguant sa responsabilité, étaient bien connus des services d’adoption : ils étaient sujets à des problèmes psychiatriques sérieux, avec des tendances violentes, et leurs deux enfants biologiques leur avaient été retirés quelques années plus tôt, et ils avaient été accusés d’abus sexuel sur des enfants qu’ils baby-sittaient.

Lors de sa première nuit chez les Eason, Quita a été invitée à dormir nue dans leur lit conjugal. Quelques jours plus tard, la nouvelle "famille" quittait les lieux sans laisser de traces, avant d’être rattrapée quelques semaines plus tard par la police. Contre toute attente, la police a rendu la jeune fille... aux Puchalla, les parents adoptifs qui l’avaient abandonnée.

UNE SOLUTION MOINS ONÉREUSE QUE L’ADOPTION CLASSIQUE

En analysant le contenu d’un groupe Yahoo ! consacré au "private re-homing", Reuters a compté pas moins de 261 enfants "offerts" sur une période de cinq ans, dont la majorité étaient étrangers, et âgés de 6 à 14 ans. Pour la plupart des familles d’accueil, cette solution présente l’avantage d’être beaucoup moins onéreuse qu’une adoption en bonne et due forme, qui peut s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’euros. "Si vous ne voulez pas payer 35 000 euros pour un enfant, vous saisissez votre chance", explique ainsi la femme du couple Eason.

A la suite de cette enquête, l’ensemble des groupes Yahoo ! repérés par Reuters ont été supprimés par l’hébergeur, mais Facebook a refusé d’en faire de même avec des espaces similaires organisés sur son réseau, au motif qu’"Internet est un reflet de la société, que les gens utilisent pour toutes sortes de communications et régler toutes sortes de problèmes".


Publié sur OSI Bouaké le mercredi 11 septembre 2013

 

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Lassés, ils échangent sur Internet leur enfant adopté

je ne suis pas un grand spécialiste, mais concernant l’aspect pratique et la rapidité des "démarches"...l’"adoption" via un groupe facebook a indéniablement une longueur d’avance sur le reste du "marché"...

signé : didier,(pour les gens qui ne me connaissent pas) adepte du rire jaune et de l’humour noir...

Lassés, ils échangent sur Internet leur enfant adopté
17 septembre 2013, par Dr Kpote   [retour au début des forums]

Rire jaune ou pas, ça fait quand même froid dans le dos. Bientôt un rayon enfants adoptables dans les hypers…

Lassés, ils échangent sur Internet leur enfant adopté
20 septembre 2013, par  gmail.com">Sand   [retour au début des forums]

Salut Dr Kpote, content de voir que tu passes nous voir de temps en temps  Je ne sais pas si tu es allé lire le site en anglais avec l’enquête longue et fouillée de Reuters, qui est en 5 volets, très étayée et littéralement vertigineuse. Quand l’adoption se transforme en marché mondial aux enfants...