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L’adoption express d’un petit Africain par Madonna est « irresponsable »

La star multimillionnaire est l’heureuse mère d’un bébé de 13 mois choisi au Malawi. En neuf jours. A Terre des hommes, Marlène Hofstetter ne mâche pas ses mots. Et dévoile une facette effrayante de l’adoption internationale.


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Andrès Allemand - Publié le 24 octobre 2006

Madonna a obtenu que la loi soit contournée au Malawi, où il faut normalement résider dix-huit mois pour pouvoir adopter

Il est amer, Yohane Banda. « Je n’avais pas compris que Madonna garderait mon enfant pour de bon. On ne m’a jamais dit que l’adoption signifiait que David ne serait plus mon fils. » Une semaine après le départ pour Londres de son bébé de 13 mois, le père biologique fait volte-face. « Je préférerais le savoir à l’orphelinat, où je peux le voir quand je veux », confiait-il dimanche à l’Agence France Presse depuis son village de Lipunga.

De quoi relancer la polémique autour de cette adoption express. Par dérogation spéciale, Madonna a obtenu l’aval du Malawi lors d’une simple visite de neuf jours. Au lieu des 18 mois de résidence exigés par la loi ! Une brèche bienvenue, estiment ceux qui souhaitent voir s’ouvrir les portes de l’adoption internationale pour les 900 000 orphelins de ce pays durement frappé par le sida  . Au contraire, Marlène Hofstetter juge parfaitement irresponsable l’attitude de Madonna. Directrice du secteur « Adoption » à Terre des Hommes, elle dénonce un très mauvais signal.

On s’en prend à Madonna. Mais l’adoption est pratiquement impossible s’il faut résider 18 mois au Malawi !

  • Plusieurs pays du continent, c’est vrai, interdisent l’adoption par des étrangers. Les Africains eux-mêmes adoptent peu. Ce n’est pas nécessaire. Traditionnellement, la famille élargie s’occupe des orphelins. Mais le sida   a changé la donne. Les orphelinats débordent et les familles élargies sont décimées. Changer la loi pourrait permettre à certains enfants d’avoir des parents étrangers. Mais ce ne serait pas la panacée. Le sida   laisse de grandes fratries d’orphelins. Rares sont les Occidentaux disposés à en adopter plusieurs à la fois. Et comment les séparer !

Que reprochez-vous exactement à Madonna ?

  • Elle va dans un pays, choisit un enfant, finance quelques projets humanitaires, obtient que la loi soit contournée et revient avec un bébé. C’est le même problème avec Johnny Hallyday, qui a réussi à adopter au Vietnam en l’espace de deux mois. En général, il faut compter au moins deux ans. Du moins pour les parents souhaitant des garanties éthiques. Ceux qui se font moins de scrupules, s’ils ont trente ou quarante mille francs à dépenser, règlent l’affaire en quelques mois. Il suffit de graisser la patte à quelques intermédiaires. C’est pourquoi de plus en plus de pays exigent de passer par un intermédiaire agréé. Pas la Suisse, malheureusement.

C’est le trafic d’enfants qui vous inquiète ?

  • Il est florissant. Enfants achetés, volés, déclarés morts puis « nés » sous une nouvelle identité... Tout existe.

Comment se fait-il qu’on puisse adopter un enfant qui a encore un de ses parents ?

  • C’est légal. Pour adopter, il suffit d’avoir le consentement des parents biologiques. Il y a d’ailleurs des cas moralement défendables. En Inde, par exemple, une mère célibataire est mise au ban de la société et parfois même risque sa vie.

Le père de David dit regretter d’avoir accordé l’adoption. N’est-ce pas curieux ?

  • C’est très africain. Il est banal de placer son enfant chez ceux qui pourront s’en occuper le mieux. Cela n’implique pas pour autant de couper le lien familial.

Vous dressez un tableau alarmant. Comment adopter sans participer au « marché » de l’adoption ?

  • Les pays qui ont signé la Convention de La Haye s’engagent à ne recourir qu’en dernier ressort à l’adoption internationale, après avoir cherché une solution dans le pays d’origine (famille d’accueil, etc.). Ça aide, mais ce n’est pas suffisant. La Roumanie n’est parvenue à stopper le trafic d’enfants qu’en interdisant l’adoption internationale. En Suisse, six intermédiaires (dont nous sommes) se sont donné une charte éthique. Mais nous formons une minorité. A Terre des Hommes, certains pays sont tout simplement sur liste noire. Haïti, Guatemala, Népal, ou encore le Cambodge et le Vietnam, malgré leurs efforts.

VOIR EN LIGNE : La Presse suisse
Publié sur OSI Bouaké le mardi 10 octobre 2006

 

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31 octobre 2006, par admin   [retour au début des forums]

Les arguments de la défense... Pas terrible. Sand

Madonna assure avoir obtenu l’assentiment du père pour adopter

mercredi 25 octobre 2006, mis à jour à 22:21 - Reuters

Madonna a déclaré avoir obtenu l’autorisation du père de l’enfant malawite qu’elle souhaite adopter et s’est dite préoccupée par l’impact négatif que pourrait avoir la polémique entourant cette affaire sur les adoptions d’enfants africains.

S’exprimant pour la première fois en public sur cette affaire, Madonna a déclaré à Oprah Winfrey, qui anime une émission très regardée aux Etats-Unis, qu’elle avait rencontré le père du petit David Banda, 13 mois, en compagnie de son mari, le réalisateur Guy Ritchie, dans un tribunal.

"Il m’a regardée droit dans les yeux et m’a dit qu’il était très reconnaissant que je veuille donner une nouvelle vie à son fils, et que s’il avait gardé son fils avec lui au village, il l’aurait enterré.

"Je n’avais pas besoin de confirmation (...) supplémentaire (...) du fait que j’avais fait le bon choix, et j’avais sa bénédiction", a déclaré la chanteuse américaine dans un entretien enregistré mardi à Londres et diffusé mercredi.

VERSIONS CONTRADICTOIRES

L’enfant a quitté le Malawi, pays africain très touché par le sida  , la semaine dernière, pour Londres où il a rejoint Madonna, son mari et ses enfants. Le gouvernement du Malawi lui a accordé une autorisation d’adoption temporaire.

Le week-end dernier, le père de l’enfant, Yohane Banda, a déclaré à Reuters Television qu’il n’avait pas prévu que David soit adopté par Madonna. Un haut responsable du gouvernement malawite a déclaré que c’était faux, assurant que les autorités lui avaient expliqué ce qui allait se passer.

L’adoption a suscité une controverse, certains accusant Madonna d’avoir usé de sa fortune et de sa célébrité pour accélérer la procédure. Le Malawi réserve normalement les adoptions à ses propres ressortissants.

L’hebdomadaire Time a publié sur son site internet une interview du père où il déclare qu’il n’insistera pas sur le retour de l’enfant, tout en affirmant qu’il ne savait pas que ce dernier partirait "pour de bon" quand il a accordé son autorisation à Madonna.

Selon Madonna, les médias ont manipulé le père de David afin qu’il dise n’avoir pas été au courant des termes de l’accord. Yohane Banda, dit-elle, est un "homme simple qui vient d’un village" et a été terrorisé par la presse, qui a créé une version "complètement fausse" des événements.

La chanteuse affirme avoir promis au père qu’elle reviendrait lui rendre visite avec l’enfant.