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Comment nourrir le monde en 2050 ?


Rome, 14 octobre 2009 (IRIN) - Le monde pourra-t-il surmonter une autre crise alimentaire de l’ampleur de celle qu’il a connu en 2007/08 ? Pour les participants au Forum d’experts de haut niveau « Comment nourrir le monde en 2050 », mis sur pied par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome, en Italie, le consensus général est : « Il ne faut jamais dire jamais ».

Au cours d’un débat énergique sur les perspectives de l’alimentation et de l’agriculture, Kitty Smith, qui dirige le Service de recherche économique (ERS) du département américain de l’agriculture, a indiqué que la crise de 2007/08 était « symptomatique de ce qui nous attend dans l’avenir ».

Les prix mondiaux des céréales ont plus que doublé entre 2007 et 2008, faisant basculer 100 millions de personnes supplémentaires dans la faim chronique et élevant le nombre total de personnes souffrant de la faim à plus d’un milliard.

D’après Homi Kharas, économiste et expert de la Brookings Institution, un groupe de réflexion sur les politiques publiques basé aux États-Unis, l’« incertitude » demeure quant aux raisons qui ont entraîné la dernière crise : les chocs climatiques, la spéculation, la hausse de la demande de grains dans les pays populeux et la volatilité des prix de l’énergie.

Au cours de la première partie du Forum, qui a débuté le 12 octobre, les participants ont établi les liens entre les prix des denrées alimentaires et ceux de l’énergie. En 2007/08, la hausse des prix des denrées alimentaires était due en partie à l’augmentation brutale du prix des combustibles fossiles qui a entraîné une hausse de la demande de grains pour produire des biocarburants - une alternative moins onéreuse.

Jacques Diouf, directeur général de la FAO, a indiqué que la production alimentaire subirait de plus en plus la concurrence des biocarburants, « ce qui pourrait potentiellement modifier les fondements des systèmes de production agricole ». Il a ajouté que la production de biocarburants devrait augmenter de près de 90 pour cent au cours des dix prochaines années, atteignant 192 milliards de litres d’ici 2018.

D’après Michiel Keyzer, du Centre pour les études alimentaires mondiales d’Amsterdam, aux Pays-Bas, il est urgent de réguler la production mondiale et la vente de biocarburants.

Selon les prévisions, la population mondiale passera de 6,7 milliards à 9,1 milliards en 2050, exigeant une augmentation de la production fermière de 70 pour cent.

Les quelque 300 experts qui ont participé au Forum réfléchissent à des politiques et des moyens de satisfaire la demande croissante afin de préparer le terrain à la tenue d’un Sommet mondial qui réunira plusieurs chefs d’États à Rome en novembre.

Selon Jikung Huang, conseiller agricole auprès du gouvernement chinois, la crise de 2007/08 était un « coup de semonce » qui a poussé de nombreux pays à se recentrer sur leur agriculture, mais « je crois que certains pays ont besoin d’un avertissement encore plus clair ».


Publié sur OSI Bouaké le mercredi 14 octobre 2009

 

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Comment nourrir le monde en 2050 ?

les biocarburants représentent un leurre...fausse bonne solution ou plutôt vraie mauvaise solution, tout d’abord parce qu’ils ne sont pas "bio" du tout et que leur bilan écologique est désastreux, ensuite parce qu’en ambitionnant de remplacer le pétrole de nos chères voitures, ou de nos camions...ils nous proposent de ne rien toucher à nos habitudes (éparpillement des sites de production, assemblage, packaging, distribution...)ni aux politiques de transport... s’ajoute donc aussi (voir l’article) le fait qu’ils entrent en concurrence avec l’agriculture traditionnelle...des pays pauvres. Ne nous trompons pas, ce sont eux qui se serreront la ceinture (désolé pour l’effet d’image désastreux de cette expression) pour que nous continuions à rouler dans nos belles autos...ce sont déjà eux (dévastation des forêts, reconversion agricole) qui nous permettent de manger de la viande...autre hérésie auquel, il est plus que temps de s’attaquer... On n’est pas obligé de devenir végétarien, mais la viande, qui coute si cher (écologiquement) à produire...(voir le livre "bidoche" de Fabrice Nicolino) devrait au moins devenir un met d’exception réservé aux grandes occasions (noël, le mariage de la fille ainée...) bref si le sentiment écologique fait son chemin dans toutes les têtes en occident, et devient un préoccupation majeure des citoyens, attention n’acceptons pas n’importe quelle mesure, ne nous trompons pas de solution !

Comment nourrir le monde en 2050 ?
15 octobre 2009, par  free.fr">Sand   [retour au début des forums]

Merci pour ton comm didier. J’ai entendu Nicolino parler de son livre sur France Inter hier, dans l’émission de Isabelle Giordano, version modernisée et pathétique de la ménagère de moins de 50 ans. Une auditrice a appelé pour demander "au nom de quoi ?" est-ce que ces emmerdeurs de végétariens voulaient lui imposer leur nouvel ordre moral. C’est vrai ça, au nom de quoi ? Les autres, les pauvres, on s’en tape ! Et s’il faut directement alimenter en énergie nos sales bagnoles avec des cadavres, on le fera et on les emmerde les ayatollahs verts.