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Sénégal : décès de Joseph Ndiaye, défenseur de la mémoire des esclaves



Tous ceux qui luttent pour la reconnaissance de la traite négrière et pour la mémoire de l’esclavage lui doivent quelque chose. Ceux qui sont allés à Gorée visiter la maison des esclaves se souviennent tous de lui. Et si le monde occidental a été contraint de regarder son histoire un peu plus en face ces dernières décennies, les larmes qui auront embuées les yeux des visiteurs de la Maison des esclaves, bercés par la voix de Ndiaye pendant 40 ans, ont certainement pesé dans ces avancées. Bref, OSI Bouaké a toutes les raisons de rendre hommage à ce grand homme modeste.

Dakar (AFP) — Boubacar Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, île au large de Dakar, dont il a largement contribué à la sauvegarde, est décédé vendredi dans la capitale sénégalaise à l’âge de 86 ans, a-t-on appris auprès du ministère de la Culture.

Boubacar Joseph Ndiaye est "décédé aujourd’hui (vendredi) à l’Hôpital principal de Dakar. Il était alité depuis le mois de mars et avait fait plusieurs séjours à l’hôpital", a déclaré à l’AFP Hamady Bocoum, directeur du patrimoine culturel au ministère sénégalais de la Culture.

M. Bocoum a salué en Joseph Ndiaye "l’artisan principal de la défense de la mémoire de la traite atlantique, l’homme le plus fervent et le plus constant contre tout révisionnisme" sur la traite des esclaves, qui a duré plusieurs siècles entre l’Afrique, l’Europe et les Amériques avec la déportation de plusieurs millions d’Africains, à partir de Gorée notamment.

Le défunt, dont la maladie n’a pas été précisée, assumait depuis plus de 40 ans les fonctions de conservateur de la Maison des esclaves de Gorée, en narrant pour les visiteurs les grandes lignes de la traite négrière dont il avait décidé de "parler toute sa vie".

Parmi ces nombreux visiteurs de marque, figurent plusieurs chefs d’Etat comme le Sud-Africain Nelson Mandela, l’Américain Bill Clinton, l’Ivoirien Félix Houphouët Boigny, mais aussi le pape Jean-Paul II.

Boubacar Joseph Ndiaye était né le 15 octobre 1922 à Rufisque (28 km de Dakar). Ancien tirailleur, il a participé à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre d’Indochine.

A la fin de sa carrière militaire, il s’était lancé dans le commerce avant d’abondonner cette activité pour se consacrer à la Maison des esclaves.

Il avait deux épouses et sept enfants.


Portrait de Joseph Ndiaye sur le site de La maison des esclaves

D’origine goréenne, Boubacar Joseph Ndiaye est né le 15 octobre 1922 à Rufisque (Sénégal).

Compositeur typographe.

Etudes primaires à Gorée et à l’Ecole professionnelle Pinet-Laprade de Dakar.

Appelé sous les drapeaux (Armée française) en 1943 il a participé à la libération de la France avec la première armée française.

Sous-officier parachutiste, a servi en Extrême-Orient, à la lère 1/2 Brigade de Commandos parachutistes coloniaux.

Ancien combattant 1939-45 et Croix de Guerre, Officier de l’Ordre national du Lion, Chevalier de l’Ordre nation du Mérite, Chevalier de l’Ordre du Mérite sénégalais.


Publié sur OSI Bouaké le dimanche 8 février 2009



LES BREVES
DE CETTE RUBRIQUE


Sénégal : décès de Joseph Ndiaye, défenseur de la mémoire des esclaves
8 février 2009, par osi.bouake   [retour au début des forums]

"En Afrique, quand un vieillard meurt, c’est une bibliothèque qui brûle" .Amadou Hampâté Bâ.

Sénégal : décès de Joseph Ndiaye, défenseur de la mémoire des esclaves
8 février 2009, par didier   [retour au début des forums]

je suis allé à Gorée, il y a 20 ans... je me souviens de Joseph Ndiaye...que je n’avais pourtant pas écouté jusqu’au bout... je n’ai pas supporté de visiter la maison des esclaves au milieu d’un groupe de touristes (comme moi certes)...mais l’effet de masse était choquant, si peu propice à l’introspection et au recueillement...

je le regrette aujourd’hui...